Les Alpagas

Je vous invite à passer une journée avec moi, vous pourrez ainsi apprendre les bases de l’élevage de ce merveilleux animal. Évidemment le mieux serait de venir nous rencontrer en personne mais j’espère vous donnez le goût en vous décrivant les petits plaisirs qui me sont offert chaque jours à côtoyer nos alpagas.

En arrivant dans le pâturage le matin, tous les regards se tournent vers moi, les plus gourmands semblent joyeux! Je commence par l’eau, les alpagas sont considérés sobres puisqu’ils ne boivent pas beaucoup d’eau comparativement à plusieurs autres animaux élevés au Québec. L’eau doit être propre, fraîche et offerte à volonté. Le foin est l’aliment de base de ces pseudo- ruminants. Contrairement aux vaches et autres ruminants qui possèdent quatre compartiments pour la digestion (le réseau, le feuillet, le rumen et la caillette), l’alpaga en possède trois nommés C1, C2 et C3. Le foin doit être composé en majorité par des graminées, être tendre et offrir de longues fibres pour maximiser la digestion. Il est fréquent de voir le bol alimentaire remonter le long de son cou gracieux pour se faire mastiquer énergiquement et redescendre au compartiment 1 pour poursuivre la digestion qui est d’ailleurs très efficace et nous donne un fumier de grande qualité très rapide à composter. Je donne un peu de moulée en comprimé pour combler les besoins alimentaire de chacun selon l’étape de leur vie. Une femelle en lactation a des besoins beaucoup plus important qu’un mâle en entretien. Je profite de la distribution de la moulée pour les observer de près, les toucher, leur faire comprendre que je suis leur alliée. Ensuite ils vont au pâturage se reposer, brouter de l’herbe fraiche et prendre des bains de soleil et de poussière!

Parlons maintenant de leur fibre incroyablement douce ayant des propriétés thermique exceptionnelle, elle est considéré plus chaude que la laine de mouton! C’est un isolant naturel grâce à sa fibre qui emprisonne des pochettes d’air, gardent la chaleur du corps et évacue l’humidité, elle est légère, non irritante et hypo-allergène (sans lanoline). La tonte se fait au printemps. Les alpagas nous offres une palette de 22 couleurs naturelles du blanc au noir en passant par tous les tons de bruns et le gris. Cet animal écologique est sélectionné et élevé pour sa fibre, on recherche la finesse, la brillance, une ondulation constante, une belle longueur de repousse, une densité appréciable et l’uniformité. Il n’y a pas d’alpaga parfait, on doit choisir deux reproducteurs ayant des qualités complémentaires et se croiser les doigts pour que le cria soit meilleur que ses parents!

L’été nous tient bien occupée, c’est la saison des bébés et des accouplements. La femelle alpaga n’a pas de chaleur, son ovulation est induite par l’accouplement. On doit donc la présenter au mâle et si madame est disposée elle se couche pour laisser monsieur faire son travail. Si elle ne sent pas que c’est le bon moment, ou si elle est gestante, elle crache et fuit le mâle. Nous respectons la volonté de madame, après tout c’est elle qui portera son petit pendant presqu’un an! La naissance du cria est un évènement très attendu! Après 330 à 350 jours(en moyenne) de gestation, le cria se pointe le nez assez facilement et rapidement et nous offre deux belles surprises : sa couleur et son genre! Les crias sont débrouillard et curieux, ils deviennent vite le centre d’attention du troupeau et des visiteurs. Pour ma part, je passe des heures à les observer, à contre cœur je dois rentrer, il faut bien faire le souper!

La journée n’est pas terminée, il faut s’assurer que nos petits chéris passeront une bonne nuit. Il y a de l’eau fraiche, suffisamment de foin pour les fringales nocturnes, l’abri est propre et douillet en cas de pluie. L’alpaga passe la majorité de son temps dehors, il a besoin d’un abri pour se protéger des intempéries et du soleil trop chaud de nos beaux étés. L’hiver, sa toison le protège du froid, il profite de ses belles qualités. L’abri est important lors des journées de grands vents et de neige trop abondante.

Ce n’est qu’un aperçu des multiples tâches à effectuer sur une ferme d’élevage d’alpagas. Il y a le traitement de la fibre, de la tonte au tri jusqu’à la confection et la vente de vêtements chauds et doux. La gestion de la santé et l’alimentation, ainsi que la gestion de l’amélioration génétique du troupeau. Bref, de beaux défis excitants à relever!